Augures

Chrystèle Khodr

Liban

jeu.

21

oct.

ven.

22

oct.

Infos Pratiques

  • Pays : Liban
  • Durée : 1h15
  • Type : Spectacles
  • Spectacle en arabe, surtitré en français
  • À partir de 15 ans

"Le seul endroit d’où je peux parler, c’est la scène. Pas pour dénoncer, mais pour questionner ce qui se passe autour de moi. Peut-être que j’attends que quelque chose change, et j’attends qu'on me donne juste une petite place, une place dans ce lieu qu’est le théâtre."
Chrystèle Khodr

Trois points de vue différents sur les années de guerre au Liban. Ce qui les relie ? Le théâtre. Hanane Hajj Ali et Randa Asmara ont décidé de devenir actrices au début des années 80, en pleine guerre civile à Beyrouth. Chrystèle Khodr, elle, fait partie de la génération d’après-guerre.
Elle met en scène les deux actrices, qui retracent leur parcours théâtral et tentent de reconstituer la mémoire de cette ville fragmentée. Mêlant fiction et témoignages, elles tentent de dessiner la carte des lieux de représentation aujourd’hui disparus. Qu’est-ce que faire du théâtre dans un pays en guerre ? L’occasion d’interroger le rapport que ces artistes entretiennent à leur métier et la nécessité du jeu, dernier endroit de liberté.

Création - 1ère en France

Bord de scène à l'issue de le représentation le 21 oct.

© Chrystèle Khodr.© Chrystèle Khodr.© Chrystèle Khodr.

« J'ai un besoin urgent de dire ce qu'il s'est passé. »
Chaque semaine, un ou une artiste du Festival témoigne : contexte socio-politique, réalités quotidiennes, héritage historique... les capsules vidéo SANS INTERDITS donnent à voir différentes manières de résister, de se souvenir et de dénoncer par le théâtre, à travers le monde.

[DÉCOUVREZ ICI LA CAPSULE]


SANS INTERDITS AU LIBAN
Depuis Beyrouth, Chrystèle Khodr témoigne de son quotidien en tant que citoyenne et artiste, face à la crise économique et sanitaire sans précédents que traverse le Liban depuis 2020.

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Née à Beyrouth, Chystèle Khodr est metteure en scène, autrice et interprète. Après un diplôme d’arts scéniques à l’Institut des Beaux-Arts de Beyrouth en 2006, elle est formée au théâtre du mouvement à l’Ecole Internationale de Théâtre LASSAAD à Bruxelles - pédagogie Jacques Lecoq.
Invitée régulière du festival Sens interdits, elle y a notamment présenté Beirut Sepia en 2013 et Titre provisoire avec Waël Ali en 2017. Son travail témoigne de l’urgence de reconstituer l’histoire d’un pays qui ne cesse de rompre avec sa mémoire, à partir des vies de celles et ceux qui habitent ces lieux meurtris. Elle entretient de nombreuses collaborations artistiques, en particulier avec la compagnie Zoukak, et est intervenue en tant que dramaturge sur deux Laboratoires de Théâtre au Sundance Institute. En France, elle a tissé un lien fidèle avec le Théâtre des 13 vents - Centre Dramatique National de Montpellier.

Frontalier de la Syrie et de la Palestine occupée, le Liban connaît aujourd’hui une crise économique et politique sévère. La guerre civile de 1975 à 1991, la guerre que l’armée israélienne a menée pendant 33 jours en 2006, la révolution du 17 octobre 2019, puis l’épidémie du Covid-19 et l’explosion du Port de Beyrouth, la plus grande explosion non nucléaire, survenue en août 2020 ont laissé le pays dans une grave situation de misère. Ceux qui gouvernent aujourd’hui sont les anciens seigneurs de guerre qui se sont accordé l’amnistie en 1991, formant une oligarchie qui n’agit pas devant la crise et réprime violemment les manifestations qui se multiplient depuis le début de l’année. La monnaie a perdu dix fois sa valeur initiale, la ville est en partie détruite et les habitants connaissent une extrême pauvreté.

« Faire une pièce de théâtre pour parler de théâtre.
Mais pourquoi ?
Parce que le théâtre, de mon point de vue et de la manière dont je le pratique et le vis, repositionne à la fois l’artiste et le public vis-à-vis de leur société et de leur histoire personnelle et collective. Je me retrouve aujourd’hui en tant que femme, citoyenne et artiste à vivre dans une région qu’on peut qualifier d’instable - si l’on veut utiliser un euphémisme-, dans un pays qui depuis sa création coupe systématiquement avec sa mémoire, dans un état gouverné par les anciens seigneurs de la guerre, dans une ville qui pousse ses citoyens à la consommation frénétique. Et malgré tout cela, je continue à pratiquer ce métier que j’ai choisi depuis maintenant 17 ans, et je ne suis pas la seule.
Cette persévérance je la puise du parcours de tous ceux et celles qui m’ont précédé et qui malgré l’absence de toute politique culturelle publique et l’inexistence d’une scène nationale font le choix de continuer à faire du théâtre : dernier endroit d’une véritable liberté. »
Chystèle Khodr

Texte et mise en scène : Chrystèle Khodr
Avec : Randa Asmar et Hanane Hajj Ali
Costumes : Good.Kill
Lumières et régie : Nadim Deaibes
Paysage sonore : Nasri Sayegh

Avec le soutien de La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon CNES, SCAC de l’Ambassade de France à Beyrouth, Institut Français de Beyrouth, Fondation Boghossian, Afac (Arab Fund for Arts & Culture), Théâtre Tournesol, Koon Studio, Théâtre des 13 Vents Centre Dramatique National Montpellier, Studio Zoukak et de l’ONDA - Office national de diffusion artistique.

Co-réalisation Festival Sens Interdits et Théâtre de la Croix-Rousse