Trewa, État nation ou le spectre de la trahison

Paula González Seguel

Chili

jeu.

28

oct.

ven.

29

oct.

Infos Pratiques

  • Pays : Chili
  • Durée : 1h30
  • Type : Spectacles
  • À partir de 14 ans
  • Spectacle en espagnol et mapudungun, surtitré en français

"Exhumer n'est pas une tâche lumineuse, c'est regarder entre les ombres pour tenter d'apercevoir ce qui émerge des dépouilles.". Ileana Diéguez

En 2016, Yudith Macarena Valdès Munoz, militante environnementale, est tuée dans des circonstances suspectes alors qu’elle résiste contre l’installation d’un barrage au sud du Chili, sur les terres mapuches : c’est le point de départ de Trewa, État nation ou le spectre de la trahison.
Le spectacle explore les mécanismes de la violence subie par le peuple Mapuche au Chili depuis le XVème siècle. Résultat d’un travail d’investigation de plusieurs années, il mêle perspectives historiques, ethnographiques et politiques grâce à une pratique multidisciplinaire qui réunit une trentaine de professionnels. À partir du dispositif de fiction documentaire, les musiciens, performeurs, écrivains, cinéastes qui ont participé à l’enquête donnent un aperçu de ce que provoque la violence dans leur quotidien et témoignent d’une culture et d’un mode de vie en lutte constante pour leur reconnaissance.
Le geste de création, en soi révolutionnaire, confère sa valeur à la forme créée : pour ce peuple discriminé et violenté, ce qui était un projet artistique est devenu une lutte sociale et politique contre l’injustice et l’invisibilité forcée.

Découvrez le teaser

1ère tournée en France

© Danilo Espinoza Guerra© Danilo Espinoza Guerra© Danilo Espinoza Guerra© Danilo Espinoza Guerra© Danilo Espinoza Guerra© Danilo Espinoza Guerra© Danilo Espinoza Guerra

D’origine mapuche, Paula González Seguel est née à Santiago du Chili. Elle est actrice, réalisatrice, metteuse en scène, professeure de théâtre et documentaliste. Diplômée de mise en scène au centre de recherche théâtrale « Teatro La Memoria » en 2010 et d’un master en cinéma documentaire à l’université du Chili en 2014, elle fonde la compagnie Kimvn Teatro en 2008.
Née du constat de l’absence d’un véritable théâtre mapuche au sens occidental du terme, la compagnie explore une « dramaturgie de la résistance » qui vise à l’autodétermination et la reconnaissance des Mapuche par la société chilienne. Venue pour la première fois en 2011 à Sens Interdits avec la création de Ñi pu tremen, elle poursuit ici son travail documentaire avec Trewa, spectacle issu d’un projet de recherche-création en collaboration avec le CIIR (Centro de Estudios Interculturales e Indígenas).
Travaillant autour des questions de la mémoire, de l’autochtonie et des droits de l’homme, entourée d’une équipe de chercheurs et d’artistes, Paula González Seguel est devenue l’une des porte-parole les plus écoutées dans la lutte des peuples premiers en Amérique latine.

Le nom « Mapuche », signifiant « gens de la terre » en mapuzungun, désigne une communauté présente au Chili et en Argentine de part et d’autre de la Cordillère des Andes, qui représente plus de 80% des peuples autochtones du Chili. Ayant subi l’expansion inca à partir du XVème siècle, la guerre d’Arauco aux XVIème et XVIIème siècles par les conquistadors espagnols, et des violences étatiques constantes depuis l’indépendance du Chili en 1826, leur histoire est celle de la lutte pour une reconnaissance sociale et politique.
Le mouvement Mapuche naît après la « pacification de l’Araucanie », euphémisme désignant la politique de colonisation des terres par le gouvernement chilien à la fin du XIXème siècle : de 10 millions d’hectares, les terres mapuches passent à 500 000 hectares. Dès lors la communauté conduit des opérations de récupération de ses terres, réprimées violemment par le gouvernement, puis la dictature militaire qui mène à la torture et la disparition de centaines de personnes. À partir de 1978, le mouvement s’organise grâce à la création des Centres culturels mapuches, qui deviennent Ad mapu en 1981.
Après la dictature éclate un conflit forestier du fait de l’exploitation du territoire mapuche par l’Etat et les entreprises multinationales ; malgré les condamnations de l’ONU et d’ONG comme Amnesty International, les Mapuche continuent de subir une violente répression de la part du gouvernement qui vote une loi antiterroriste contre les organisations militantes. Cela va jusqu’à des violences policières, dont la mort d’un étudiant en 2008 pendant l’occupation illégale d’un territoire est représentative.
Si les Mapuche sont aujourd’hui majoritairement urbains, ils maintiennent leurs revendications territoriales et continuent d’exiger une reconnaissance culturelle et politique de la légitimité de leur lutte. Dans les combats qui agitent les rues depuis le mois d’octobre, le drapeau mapuche flotte partout, preuve d’une légitimité acquise. Les résultats du dernier référendum sur la constitution chilienne témoignent d’un début de transformation quant à leur statut politique : dans la composition de l’Assemblée, il est désormais reconnu que vingt-et-un postes de députés seraient affectés aux peuples premiers, dont les Mapuche sont majoritaires — le combat est cependant bien loin d’être gagné.

Mise en scène et dramaturgie : Paula González Seguel
Asist. Mise en scène / Production : Andrea Osorio Barra
Directrice musicale / Interprète : Flute traversière, Cuatro venezolano, Ron roco, Cuenco, choriste : Evelyn González
Avec : Amaro Espinoza, Benjamín Espinoza, Constanza Hueche, Norma Hueche, Vicente Larenas, Francisca Maldonado, Juan Carlos Maldonado, Hugo Medina, Elsa Quinchaleo, Paula Zúñiga
Régisseur vidéo et son :  Niles Atallah / Roberto Collío.
Chanteuse/Percussions latino-américaines / Productrice :  Nicole Gutiérrez Perret
Musicien – Violoniste et Choriste : Sergio Ávila
Musicien – Cordes Latino-américaines : Juan Flores
Musicien – Violoncelliste et Choriste : Ángela Acuña
Régisseur son : Ivan González
Régisseur lumière : Francisco Herrera
Scénographie : Natalia Morales Tapia

Co-production: Centro de Estudios Interculturales e Indígena – CIIR

Financement: Ministerio de las Culturas, las Artes y el Patrimonio – FONDART NACIONAL –Trayectoria Artística.

Production déléguée Europe : Festival Sens Interdits

Avec le soutien des Ateliers Décors du TNP - Villeurbanne, et de l’Office National de Diffusion Artistique

Co-réalisation Festival Sens Interdits et Théâtre National Populaire